colloque 2018

Argument

La montée de l’individualisme et le développement des relations virtuelles sont deux des caractéristiques de notre société contemporaine. En dépit de la multiplication des interactions, en particulier à travers les réseaux sociaux, les individus se sentent de plus en plus isolés. Nous le constatons dans nos cabinets de thérapie où se fait entendre l’incapacité d’être seul.

Le concept de lien se décline à différents niveaux : familial, professionnel, économique, sociétal, spirituel. Il désigne ce qui relie le sujet à l’autre ou met en lumière la rencontre qui ne peut se faire ; il peut être un facteur de rapprochement ou au contraire de rejet et de haine.

Au-delà des mécanismes de liaison et de déliaison que conceptualise Sigmund Freud, s’est progressivement développé le concept de lien. La réflexion psychanalytique s’est appropriée ce terme emprunté à d’autres disciplines. Sandor Ferenczi et les fondateurs de l’école anglaise de psychanalyse (Klein, Winnicott, Bion, Bowlby) ont développé le concept de relation d’objet et la théorie de l’attachement.

Comment comprenons-nous et accompagnons-nous le sujet aux prises avec les troubles de l’attachement et du lien ? Quelles modifications sur notre implication dans la relation thérapeutique ? Comment la société hypermoderne (hypercapitalisme mondialisé, management et organisation du travail) renforce-t-elle ou contient-elle les perturbations liées aux interactions précoces ? Comment les neurosciences affectives nous éclairent-elles sur les chemins thérapeutiques possibles ?

Au cours de cette journée, fidèle à sa philosophie, la SFPI se propose d’inviter des praticiens des sciences humaines de sensibilité différente pour élargir la réflexion sur la question du lien dans notre pratique, ses référents théoriques  et ses dispositifs spécifiques tant en approche individuelle, groupale que sociale.

colloque 2016

Argument

Le corps est omniprésent dans notre société : corps exposé, maîtrisé, réparé, appareillé. Il est également traité comme « objet » à gérer et entretenir. Il est aussi l’objet de toutes les attentions et surexpositions tout en étant de moins en moins compris et abordé dans son unité (médecine, psychologie…). Dans le même temps, de plus en plus de nos contemporains sont traversés par un sentiment de dépossession de leur corps – ils n’habitent pas leur corps – rien ne peut s’y inscrire comme sensations constitutives d’une histoire individuelle. L’identité s’en trouve à la fois fragmentée et fragilisée. Ce manque d’ancrage corporel et affectif tend également à favoriser la fuite dans un monde d’images et de représentations virtuelles, la capacité d’être en relation s’en trouvant alors affaiblie.

Notre colloque s’attachera à la fois à penser la place du corps du Sujet dans le système de représentation de la Psychanalyse Intégrative® et à élaborer la place singulière donnée au corps dans la clinique du Sujet. Il s’agira également de réfléchir à quel(s) corps s’adresse l’analyste : corps réel, corps fonctionnel, corps sexué, corps relationnel, corps symbolique, corps fantasmé, corps érogène, corps sémiotique ?
Pour nous éclairer et alimenter nos échanges et dans la continuité de nos précédentes rencontres, ce colloque 2016 favorisera le croisement de témoignages issus de la réflexion et de la clinique dans différents champs de la Psychanalyse, Psychothérapie, Philosophie, Histoire ou Sociologie.
Différentes questions seront mises en débat au cours d’ateliers, parmi lesquelles : corps et régression, corps de l’analyste et corps du patient, corps et langage, corps et groupe…

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colloque 2014

Argument
Sommes-nous dans une société de l’excès ? Sans hésitation, la réponse est oui. C’est même une des caractéristiques de notre société qui pousse à « l’hyper », au « trop » au « tout ». Si nos sociétés sont potentiellement addictives, tout le monde ne devient pas pour autant alcoolique, toxicomane, acheteur compulsif ou accro au sexe, au travail ou aux jeux vidéo.

Des toxicomanies à l’alcoolisme en passant par les addictions sans substance, existe-t-il des points communs entre ces addictions ? Et si oui quels sont-ils ? De quoi est-on dépendant ? Est-on plus vulnérable à certains moments de la vie ? A partir de quand peut-on parler d’addiction ? Quelles frontières entre normal et pathologique, lorsque nous parlons de dépendances ?
De l’usage à la dépendance, des mécanismes particuliers sont à l’œuvre, liés à la fois aux contextes sociaux, culturels, économiques, psychologiques, biologiques…

En tant que cliniciens, parler d’addiction c’est s’intéresser : au sujet, à son désir et à son histoire ; à la dépendance comme processus constitutif de la subjectivité ; la dépendance comme mécanisme ainsi qu’ aux différents éléments qui permettent de définir le lien comme addictif

J.McDougall, qui a contribué à promouvoir en France le concept d’addiction sous sa forme psychopathologique, avance que dans les conduites addictives, « il y aurait une défaillance de l’étayage maternel ne permettant pas à l’enfant d’élaborer les processus de séparation. L’objet maternel interne serait vécu comme absent ou incapable de consoler l’enfant perturbé ».
Notre clinique nous amène fréquemment à constater des liens étroits entre addictions, troubles de l’attachement, troubles du narcissisme, de l’identité et des limites du moi.
Nous allons nous intéresser tout au long de ce colloque aux phénomènes cliniques, sociologiques et biologiques qui sous-tendent les conduites addictives.

En interrogeant notre clinique, nous tenterons de progresser à la fois sur :
– La compréhension des défaillances dans la construction du moi  qui sont au cœur des différentes addictions évoquées.
– L’articulation des différents modes de compréhension des addictions ; différentes approches scientifiques et objectives, sociologique et clinique.
– Les dispositifs thérapeutiques les plus appropriés à chacun des patients qui se présentent à nous comme « souffrant d’addictions ».

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colloque 2013

Argument

Nous assistons aujourd’hui à un bouleversement de notre société sur tous les plans : économique (mondialisation), technologique (internet qui vient révolutionner tous les modes d’information, de communication et de lien social), sociologique : montée des individualismes, affaiblissement des structures (étatiques, religieuses..), évolution des places de l’homme et de la femme, du couple, de la famille… les mutations sont partout.

De nombreux référents symboliques qui fondaient les cadres sociaux se brouillent, la norme n’est plus que changement permanent, la réactivité se doit d’être instantanée… une modernité de l’excès a pris le pou-voir. L’individu qui se voulait en marche vers plus de liberté se retrouve en mal de repères et de limites.

Dans un tel contexte, qui est « je » aujourd’hui ? Comment l’individu se construit-il dans ce contexte ? Qu’en est il de la séparation, de l’individuation, du narcissisme, de la dépression ?… Quelles sont les nouvelles fragilités du sujet ? Les personnalités li-mites dont-on parle de plus en plus sont elles la pathologie du 21ème siècle ou doit-on parler d’ores et déjà de « personnalités limites normales » ? Ces nouvelles problématiques impliquent des changements de paradigmes qui entrainent des conséquences sur la clinique et la nécessité de développer et d’articuler des dispositifs thérapeutiques appropriés. A l’occasion de cette journée les intervenants, chacun dans sa discipline et ouverts aux champs de leurs collègues vont explorer ces nouvelles souffrances et s’interroger en quoi la Psychanalyse Intégrative répond à la nécessité de tenir compte de l’évolution des pathologies en relation avec les transformations diverses des sociétés contemporaines.

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